Repenser la liquidité bancaire : indicateurs, réglementation et arbitrages politiques
Dans cette Public Discussion Note intitulée "Repenser la liquidité bancaire : indicateurs, réglementation et arbitrages politiques", le Prof. Andreas Fuster, titulaire d'une SFI Senior Chair et professeur associé de finance à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, et le Dr Lucas Marc Fuhrer, responsable de la gestion des risques de taux d’intérêt et de liquidité chez PostFinance et chargé de cours à l'Université de Zurich, présentent un aperçu concis de la manière dont la liquidité bancaire est mesurée et réglementée, des enseignements à tirer des événements récents et de l'évolution possible des risques de liquidité à l'avenir. Ils partagent également leur point de vue sur les débats réglementaires actuels.
Les auteurs soulignent le rôle central de la transformation de la liquidité dans le secteur bancaire, qui permet aux banques de créer de la valeur ajoutée pour l'économie, mais les rend en même temps vulnérables aux ruées bancaires. Ils examinent comment cette vulnérabilité inhérente est atténuée par la gestion de la liquidité des banques et par des exigences réglementaires telles que le ratio de couverture de liquidité (Liquidity Coverage Ratio, LCR). Dans le même temps, ils soulignent que ces exigences, même si elles ont renforcé la résilience des banques, ne peuvent offrir une protection totale contre toutes les formes de pénuries de liquidité.
S'appuyant sur des événements récents, notamment les faillites de banques régionales aux États-Unis en 2023 et l'effondrement du Credit Suisse, la présente Note montre à quelle vitesse les pénuries de liquidité peuvent se matérialiser, en particulier dans un environnement marqué par la numérisation du secteur bancaire et la concentration des dépôts. En se tournant vers l'avenir, les auteurs examinent comment les risques de liquidité pourraient encore évoluer avec les paiements instantanés et les nouvelles formes de monnaie numérique.
Sur le plan politique, les auteurs plaident en faveur d'une approche équilibrée et prospective, car toutes les mesures comportent des avantages et des coûts, dont les interactions doivent être examinées. Le durcissement des exigences en matière de liquidité peut certes renforcer la résilience, mais également augmenter les coûts de financement et restreindre l'accès au crédit. Les nouveaux dispositifs des banques centrales, tels que la facilité étendue de liquidité (Extended Liquidity Facility, ELF) de la BNS, doivent être soigneusement conçus afin de soutenir le refinancement par le marché sans le remplacer, tout en contribuant à réduire la stigmatisation liée à leur utilisation. Une extension de la garantie des dépôts pourrait réduire le risque de ruée bancaire, mais devrait être financée de manière crédible. Enfin, des mécanismes privés peuvent redistribuer les excédents de liquidité au sein du système et contribuer à limiter l'intervention du secteur public. De telles approches nécessitent toutefois des conditions-cadres appropriées.
De manière générale, la présente Note souligne qu'il n'est pas possible d'éliminer le risque de liquidité tout en préservant le rôle économique central des banques. L'objectif est plutôt de gérer plus efficacement ces risques dans un système financier en constante évolution.
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